Le Old Navy, théâtre de la plus grande rencontre littéraire latino américaine (ou presque)

Difficile de parler d’un lieu sans faire référence à son histoire. Qu’elle soit sociale, économique ou historique, l’histoire est toujours importante. Je parle de l’histoire car je crois que je ne pourrais pas écrire sur un lieu sans faire allusion à UNE histoire en particulier. Et je crois que pour le Old Navy en est le parfait exemple.

Par Jorge Morón

Disons que le Old Navy pourrait être un café normal, comme plein d’autres. Un endroit plutôt petit, sans décoration particulière, pas trop bruyant (un peu étonnant pour un mercredi vers 20h au moment de mon arrivée), mais dont l’ambiance est sympathique, conviviale dirai-je. Un très bon endroit pour passer un moment seul ou pour se mettre à écrire sans s’arrêter. Et là je m’approche de mon histoire…

Je suis sûr que les propriétaires n’ont aucune idée de ce qui s’est passé il y a une quelques dizaines d’années dans leur établissement. Il y a 60 ans exactement le Old Navy allait être le théâtre d’une situation qui aurait pu être magique, si la timidité n’avait pas joué son rôle. C’est dans ce café du sixième arrondissement parisien (au 150 Bd. Saint-Germain) qu’un certain Julio Cortázar passait quelques heures de son temps pour boire un verre et écrire, évidemment. Et c’est aussi dans ce même café qu’un jour du printemps de 1965, un écrivain colombien connu sous le nom de García Márquez n’a pas su se présenter à l’auteur de “Marelle”. J’imagine qu’il a dû se contenter de l’observer.

Café Old NavySelon le site de l’Institut Cervantes,qui propose un guide parisien sur les pas des différents écrivains hispanophones, García Márquez parle de ce moment particulier en disant que “quelqu’un m’avait dit à Paris qu’il (Cortázar) écrivait au café Old Navy, sur le boulevard Saint-Germain, et c’est là que je l’ai attendu pendant plusieurs semaines, jusqu’au moment où je l’ai vu entrer comme une apparition. Il était l’homme le plus grand qu’on pourrait imaginer, avec le visage d’un enfant pervers dans un manteau noir infini… Je l’ai vu écrire pendant plus d’une heure, sans pause pour y penser, sans rien prendre sauf un demi verre d’eau minéral…”

De la même façon que je l’ai fait, je vous invite à passer un jour par le Old Navy et d’essayer d’imaginer cette drôle de situation qui aurait pu se finir autrement si ces deux grands de la littérature latino-américaine s’étaient parlés.

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